MSVirtual2020 : Un pas en avant

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Message  Admin Mar 15 Déc - 14:45

«MSVirtual2020» – La médecine personnalisée fait un pas en avant
Les biomarqueurs dans le sang fournissent des informations sur l’évolution de la maladie chez les personnes atteintes de SEP et permettent ainsi un traitement mieux adapté. C’est ce que révèle une étude menée par le Dr Özgür Yaldizli à l’Hôpital universitaire de Bâle.

Ces résultats ont été présentés lors de la conférence «MSVirtual2020». En raison du Covid-19, la rencontre des neurologues de l’ECTRIMS - et de l’ACTRIMS a eu lieu pour la première fois en ligne, du 11 au 13 septembre 2020, sous le nom de «MSVirtual2020».

L’étude a été réalisée sur la base de la Swiss MS Cohort Study (SMSC). La SMSC est un projet mené par les grandes cliniques SEP suisses et soutenu par la Société SEP. Elle documente l’évolution du traitement et de la maladie de plus de 1400 personnes atteintes de SEP. Dans le cadre de cette étude de cohorte, des données cliniques telles que les poussées et le degré de handicap sont comparées à des données IRM (imagerie par résonance magnétique). Cependant, la partie la plus importante de la SMSC est que des échantillons de sang et de liquide céphalo-rachidien sont collectés afin de développer de nouveaux biomarqueurs plus performants (les biomarqueurs sont des variables mesurées pour quantifier certains aspects d’une maladie). Cela permet de mieux prédire l’évolution de la SEP et de déterminer plus précisément la réponse au traitement que par la seule observation clinique.

Les «neurofilaments» sont des biomarqueurs éloquents

Le biomarqueur le plus développé à ce jour est la chaîne légère de neurofilaments (en anglais: «neurofilament light chain»). Les neurofilaments sont des protéines qui forment le squelette d’une cellule nerveuse. Lorsque des cellules nerveuses sont détruites dans le cerveau ou la moelle épinière, ces protéines pénètrent dans le liquide céphalo-rachidien et de là dans le sang, où leur concentration peut être mesurée. Pendant les poussées de SEP, la concentration de neurofilaments dans le sang augmente.

L’étude du Dr Yaldizli a cherché à savoir si les personnes atteintes de SEP présentant une concentration plus élevée de neurofilaments développent une activité accrue de la maladie au cours de l’évolution par rapport aux personnes atteintes de SEP présentant une faible concentration. La méthode de mesure mise au point par le professeur Kuhle à l’hôpital universitaire de Bâle est la première du genre permettant d’observer des résultats à partir d’analyses effectuées sur des échantillons de sang. Au total, 1366 personnes atteintes de SEP et provenant de 7 cliniques différentes (Bâle, Aarau, Berne, Lausanne, Genève, Lugano, Saint-Gall) ont participé à cette étude sur une période d’observation de 5 ans en moyenne.

Forte concentration de neurofilaments = forte activité de la maladie

Pour étudier l’effet de la SEP sur les neurofilaments, l’équipe de recherche a dû comparer la concentration en neurofilaments chez les personnes atteintes de SEP avec des témoins sains du même âge, car une certaine augmentation des valeurs est normale avec l’âge. À partir des valeurs recueillies auprès de plus de 8000 témoins sains, il a été possible de déterminer si les personnes atteintes de SEP à un certain âge présentaient des taux accrus. L’étude a révélé que la concentration de neurofilaments dans le sang est considérablement augmentée si les personnes atteintes de SEP ont connu une poussée ou une progression plus rapide du handicap chronique au cours des 4 mois précédant la prise de sang.

Il est intéressant de noter que les personnes atteintes de SEP sous traitement continu de la SEP présentaient des concentrations de neurofilaments plus faibles que les personnes atteintes de SEP sans traitement. Le type de traitement de la SEP avait également son importance: plus le médicament contre la SEP était fort, plus la concentration de neurofilaments était faible. Parallèlement, la concentration de neurofilaments dépendait également de l’activité de la maladie constatée par l’IRM: plus les personnes atteintes de SEP présentaient de lésions cérébrales à l’IRM et plus les lésions absorbaient de produit de contraste, plus la concentration de neurofilaments était élevée.

Déclarations importantes sur l’activité future de la maladie

Au cours de la deuxième partie de l’étude, l’équipe de recherche a tenté de déterminer si une seule mesure des neurofilaments dans le sang des personnes atteintes de SEP peut permettre de prédire l’activité future de la maladie. Cette question est importante car elle fournit au médecin des informations sur le médicament le mieux adapté à chaque patient. Inversement, si les valeurs restent constamment élevées pendant le traitement, il est possible de détecter très tôt une réponse insuffisante du patient au traitement. Jusqu’à présent, seule l’IRM était disponible à cette fin au quotidien. Toutefois, l’IRM ne permet pas de prédire avec suffisamment de précision le risque d’une nouvelle poussée future pour un patient individuel.

Un total de 1062 patients atteints de SEP récurrente/rémittente ont été sélectionnés pour cette partie de l’étude. Le principal résultat a été qu’une concentration accrue de neurofilaments dans le sang peut permettre de prédire les poussées ou la progression du handicap dans les 12 mois suivants – que l’IRM ait détecté ou non une nouvelle activité de la maladie. Cela signifie que la détermination des neurofilaments permet d’identifier les patient et patientes présentant un risque accru d’activité de la maladie au cours des 12 prochains mois, même si l’IRM n’indique pas de nouvelles lésions ou une aggravation de la SEP. Les neurofilaments fournissent donc de nouvelles informations complémentaires et précises à l’IRM.

De nombreux travaux de développement devront encore être effectués pour établir cette méthode dans les diagnostics cliniques de routine, mais l’équipe de recherche est optimiste quant au fait que la détermination des neurofilaments dans le sang permettra, dans un avenir proche, de mieux adapter les traitements aux différentes personnes atteintes de SEP, de manière à obtenir les meilleurs résultats possibles.

SOURCE : Société suisse de la sclérose en plaques (27.11.2020)
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